Skelets numériques
Lorelei and the Laser Eyes
Ambiance film italien muet des années 30. Qu’est-ce qui se cache derrière cet hôtel perdu en europe centrale? À nous de le découvrir. Buon Fortuna, Signorina.
Dans Lorelei and the Laser Eyes, on incarne une femme dont la seule caractéristique connue est d’être affreusement élégante. Dans des décors noir et blanc aux motifs géométriques abstraits, on explore un manoir derrière des plans fixes, digne de Resident Evil 1. Pas de zombis à trucider non, l’adversité viendra des énigmes. Dispersées à travers tout le manoir, elles en marquent l’exploration. L’édifice (dont on sait à peine ce qu’il est et pas du tout ce qu’on y fait) est un labyrinthe parsemé de raccourcis, cadenas à déverrouiller et clefs à insérer dans la serrure.
Je descends ces marches, j’ai un coup de fil à passer à l’unique téléphone de l’hôtel.
Un jeu d’énigme doit réunir plusieurs caractéristiques pour me plaire. Tout d’abord, j’aime les ambiances et l’histoire. Si j’ai décroché de Baba is you, c’est parce que j’avais besoin d’une motivation pour continuer à résoudre des énigmes. Pour me motiver à résoudre un puzzle, je préfère avancer dans une histoire que d’avoir d’autres énigmes plus difficiles.
Sur ce point, l’ambiance dense de Lorelei pose beaucoup de questions. Chaque verrou que je lève (avec une animation et un son satisfaisant, il faut le dire) m’amène à lever une petite part du mystère. D’ailleurs, dans le même esprit que Signalis, j’ai bien aimé que le scénario soit relativement « flou ». Je n’ai pas eu la même interprétation de la fin que des amis - et je ne pense pas que le jeu offre des réponses définitives aux questions qu’il ouvre.
Ma vision est fragmentée. Je vois avec des yeux lasers. Il y a quelqu’un derrière moi?
Un autre élément, c’est avoir un espace à explorer. Lorelei n’est pas une succession d’écrans fixes. Comme Return of the Obra Dinn, on est incarné dans un espace qu’il ne tient qu’à nous d’explorer. Le manoir est tortueux et on peut débloquer des raccourcis fort pratiques. Bien qu’ils soient optionnels, la facilité de navigation qu’ils apportent me les ont rendus quasi indispensables. Comme on les rencontre quasi systématiquement du côté fermé, j’ai toujours été motivé par les ouvrir et satisfait quand je réussissais.
Les énigmes et puzzles de Lorelei sont agréables car elles demandent très peu de connaissances extérieures au jeu et sont basées, en gros, sur des systèmes simples ou sur dresser les bonnes associations d’idées. L’exploration nous fait accumuler quantité de documents à lire attentivement pour nous imprégner des témoignages et de dates importantes.
Les dates flottent dans ma tête. Que s’est-il passé à l’hôtel Letzes Jahre en 1963? Pourquoi suis-je ici à courir derrière les propos sybillins de cet inconnu ? heureusement qu’il y a du café à volonté…
Il n’y a que peu de difficulté d’exécution - j’ai trouvé l’interface à un seul bouton assez frustrante ceci dit: on a besoin de plusieurs clics pour accéder à un document important, et pour composer des séquences un peu complexes, impossible de rattraper son erreur.
Ce jeu m’a fait du bien après une période à jouer à des jeux sans réel scénario. J’ai passé le mois de décembre à jouer à Path of Exile 2, pas exactement aussi subtil que ça. J’avais envie de quelque chose plus porté sur le scénario, qui soit un peu plus gratifiant pour moi aussi (si cliquer sur des monstres pour les tuer est un bon moyen de passer le temps, j’en tire assez peu de satisfaction personnelle).
L’architecture du manoir me rappelle la House for an Art Lover avec son extérieur très “brutaliste”.

Source: https://www.secret-scotland.com/place/house-for-an-art-lover