S'habiller en été?

S'habiller en été?

23/05/2020

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L’été arrive et le confinement se termine (on l’espère), et je me suis rendu compte que ma garde-robe d’été était dangereusement limitée. Comprendre, je n’ai plus que deux pantalons mettables par temps chaud - et encore, l’un des deux pantalons en question est garni d’un magnifique trou dans une zone stratégique. Mes rares T-shirts sont tous sombres, et mes nombreuses chemises sont trop chaudes. La probable canicule constitue un adversaire particulièrement retors, tout squelette un tant soit peu consciencieux se doit donc de s’équiper au mieux pour y faire face.

J’aime porter des vêtements de qualité (rare ou épique au minimum); j’aime encore plus quand les fibres ne sont pas teintées du sang de travailleurs exploités pour le bon plaisir d’un occidental privilégié. Et si le tissu utilisé ne dévaste pas des écosphères, c’est le top du top. Tout vêtement neuf que je me procure doit donc avoir été conçu dans le respect des droits humains des travailleuses et travailleurs impliqués dans sa fabrication; l’emploi de fibres issues de l’agriculture biologique et de procédés de fabrication les moins polluants possible est également un impératif, quand l’information existe.

Un autre critère important pour moi est la durabilité. J’ai connu trop de pantalons qui se déchiraient au bout d’un an d’utilisation faible, des chaussures trouées au bout de quelques mois… Des vêtements plus durables limitent la nécessité de racheter du neuf régulièrement, me permettent de développer mes compétences d’entretien pour les chantiers légers ou les réparateurs locaux en cas de maintenance un peu plus lourde. Mais le moins je vais chez le couturier ou le forgeron, le mieux mes vêtements et moi nous portons. En conséquence, je suis prêt à mettre un peu plus d’argent dans une pièce d’équipement, si tant est qu’elle soit plus durable qu’une autre équivalente.

J’ai privilégié les enseignes en ligne, ne souhaitant pas me déplacer en transport en commun en cette période de circulation du virus. Certes, me rétorquerez-vous, mais dans le cas de la commande en ligne c’est un livreur qui vient chez toi. Je fais le nécessaire pour réceptionner les (rares) commandes que je passe pour minimiser le danger pour les livreurs; de plus il me semble qu’une personne avec son véhicule personnel risque moins de contamination qu’un squelette naviguant pendant une heure dans les transports en commun.

Je suis un grand amateur de lin en été: on le trouve très souvent tissé large, ce qui favorise d’autant la circulation de l’air. Son aspect rèche peut rebuter, aussi un mélange de lin et de coton est envisageable pour assouplir le tout (conseil tiré de ce site, qui donne de bons conseils de mode masculine, ça serait encore mieux sans sexisme). Il existe un label, Master of Linen, qui garantit la traçabilité de fabrication du lin en europe.

Dernier détail: j’ai le privilège de pouvoir investir plusieurs centaines d’euros dans de l’habillement. Ce n’est pas commun, et je ne cherche pas à juger ceux et celles qui ne peuvent pas se permettre de mettre autant. Pour les personnes disposant d’un budget suffisamment large pour absorber un tel investissement, je ne peux que vous encourager à considérer le choix de vêtements plus durables, et j’espère que cet article vous y aidera.

J’ai donc interrogé les internets et je suis parti à la pêche aux informations. Voici ce que j’en ai recueilli.

Pantalon chino durable

J’apprécie la polyvalence dans ma garde-robe, et j’avoue avoir une certaine coquetterie. Vivant dans un environnement majoritairement urbain et n’ayant pas de métier manuel, je peux me permettre d’acheter des vêtements mariant élégance et fonction. En été, le velour côtelé que j’affectionne tant est trop lourd; et je n’aime pas porter de shorts. J’ai un “pantalon de marin” blanc de marque Uniqlo, qui est très confortable. Seul souci: il est blanc. Et les tâches se voient de suite sur un pantalon blanc, ce qui m’empêche de cuisiner l’esprit serein, par exemple. J’ai donc envie d’une autre pièce un peu plus robuste; et d’en profiter pour changer de style.

Je me suis donc procuré un pantalon chino auprès de l’enseigne loom. Je précise que je ne suis pas lié à loom de quelque manière que ce soit, bien que j’envisage peut-être de les soutenir via une future levée de fond: voir ici leur avis sur leur modèle de croissance.

Ce qui me plaît chez eux:

Compter 80€ pour un chino. Je ferai peut-être un article de suivi sur l’entretien et la durabilité. Mes deux pantalons d’été précédents m’ont coûté 40 et 60€, le premier est irréparable et le second a un gros trou qu’il faudrait que je répare un jour. Nous verrons comment le chino tiendra la comparaison.

Sarouels

La canicule et mes jambes ne font pas bon ménage; si le chino s’avère trop serré ou que je suis dans un contexte plus détendu, un plus grand confort est envisageable. Le vêtement qu’on appelle “sarouel” en occident me semble alors une alternative tout à fait raisonnable (sans oublier le bonus “bobo +5” qu’il m’apporterait). Restait à trouver une boutique qui offre les garanties que je recherche.

Soyons franc: c’est la jungle. La foultitude de magasins de “mode ethnique” a de quoi donner le tourni. Toutefois, assez peu s’avançaient sur les conditions de production de leurs tissus. Finalement, un contact mastodon m’a pointé vers fantazia-shop.

Parenthèse: l’adjectif “ethnique” m’énerve; on met dans le même panier pantalons arabes, vestes népalaises, inscriptions sanskrites et motifs persans dans un gros micmac qu’on appelle “ethnique”, sous-entendu, “ethnie non-européenne”. Il y aurait sans doute beaucoup à dire sur la perception des autres cultures que cela traduit, mais laissons cela aux professionnels. Je me contente de constater qu’un “style ethnique” ne désigne absolument rien de cohérent.

T-shirts

Pour terminer ce rapide tour, il me fallait compléter ma garde-robe par des T-shirts de couleur claire (l’immense majorité de mes T-shirts étant foncés et/ou dédiés à me servir de pyjama). Pourquoi de couleur claire? Les couleurs plus claires renvoient beaucoup plus de rayonnements lumineux que les couleurs foncées, en stockant beaucoup moins (mais si je portais des robes et que le climat était plus hostile, je pourrais sans doute porter du noir, voir cet intéressant article).

Pourquoi un T-shirt? Ma garde-robe est largement garnie de chemises, qui sont plus pénibles d’entretien (repassage) et à manches longues. Je n’aime pas particulièrement les chemises à manches courtes, et le T-shirt est là aussi passe partout. Niveau tissu, le coton semble incontournable pour un vêtement qui touche directement la peau; un peu de fibre synthétique pour augmenter sa durabilité et sa flexibilité ne sera pas de surplus.

J’ai le choix entre racheter chez loom, ou tester une autre enseigne; sao-bio constitue une bonne alternative. L’affichage de labels sur chaque produit me donne une certaine garantie sur les conditions de production des vêtements.

Autres vêtements

J’ai eu la chance de faire des séjours au japon, et j’y ai découvert un vêtement que j’affectionne particulièrement, le jinbei (甚平). C’est un ensemble constitué d’une tunique aux coutures très larges au niveau de l’épaule, et d’un pantacourt. Le tout se porte surtout en été, en guise de vêtement d’intérieur ou de vêtement informel. L’usage n’étant pas répandu en France, il m’est arrivé d’aller travailler ou au restaurant avec sans que je n’en conçoive de gêne particulière. Le haut du jinbei a une coupe très large qui le rend très agréable à porter. Le style évoque celui d’un kimono léger, sans les trentes minutes d’enfilage. Hélas, je n’ai pas trouvé de magasin en vendant qui réponde à mes critères, n’hésitez pas à me le signaler si vous en trouvez (le plus proche est ce site, qui vend de l’équipement de iaïdo).

Je n’en ai pas eu besoin pour cette fois, mais une amie m’a signalé l’existence d’une marque de boxers eco-responsable et inclusive de tous les corps. En particulier, leur modèle semble être plus adapté que la moyenne aux personnes de disposant pas de pénis. Leur déclaration d’écoresponsabilité inspire la confiance, et leur nom inspire le plus pur swag qui soit: myjojo.

Je vois souvent les hommes africains porter de longues robes qui ont l’air incroyablement légères et très colorées. Je pensais qu’elles s’appellaient “djellaba”, mais il semblerait que ce terme désigne des robes à capuches qu’on trouve quasi-exclusivement au Maghreb. Le terme correct semble être “boubou” en français ou “adbada” en yoruba; voir la page wikipedia à ce sujet. J’aimerais beaucoup en trouver à ma taille, mais mes recherches n’ont rien donné. J’ai peut-être confondu avec un caftan.

Liste d’e-choppes issues de mes recherches

En guise de conclusion, voici ma sélection d’enseignes en ligne établie durant mes recherches. Si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à me contacter pour que je les rajoute!

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